Crowdfunding Comte

Two documents with the power to anticipate the age of modern crowdfunding. The first is provided by Bernard Quaritch Ltd who are presently offering the original for the price of £200: A printed receipt with manuscript insertions dated Paris, 9 December 1855 — a small slip of paper (135 x 97 mm).

The receipt records thirty francs sent towards Auguste Comte’s public subscription fund by ‘M. Deroisin’, presumably Hippolyte-Philémon Deroisin (1825–1910), a student of Comte’s and a close personal friend. His anonymous Notes sur Auguste Comte were published later in 1909. Having studied law in Paris, Deroisin had eventually become interested in Comte’s ideas and followed his courses in astronomy and sociology. He became acquainted with the philosopher in 1849 and was close to him for four years, before being rejected by Comte after writing a mild critique of his system. Deroisin was apparently still feeling attached to the former teacher and friend. Comte was to die two years later in 1857.

Printed receipt for money sent towards the end of Comte’s life ‘pour la Souscription publique destinée à soutenir mon existence matérielle’.

The Auguste Comte House in Paris is in the possession of one of the empty forms through which Auguste Comte was trying to finance his further work in the 1850s. Those who felt ready to subsidise him would “publicly” finance his “material subsistence” and in doing so his ongoing work as an independent philosopher.
 
Souscription publique destinée à soutenir mon existence materielle

Comte had turned himself into a public philosopher to be funded by the public with his “Premiere Circulaire Annuelle adressée par l’auteur du Systeme de Philosophie Positive” on 14 March 1850. This was the full announcement:
 

RÉPUBLIQUE OCCIDENTALE
Ordre et Progrès — Vivre pour autrui

PREMIERE CIRCULAIRE ANNUELLE
ADRESSÉE PAR L’AUTEUR DU SYSTEME DE PHILOSOPHIE POSITIVE
A CHAQUE COOPÉRATEUR DU LIBRE SUBSIDE EXCEPTIONNELLEMENT INSTITUÉ
POUR LUI

Paris, le 17 Aristote 62 [jeudi 14 mars 1850].

Monsieur,

Le noble patronage collectif dont je suis devenu l’objet a maintenant assez duré pour que ma gratitude publique puisse prendre son vrai caractère. Cette protection exceptionnelle fut toujours appréciée comme un devoir social, soit par l’éminent collègue qui l’institua, soit par les dignes confrères qui secondèrent spontanément sa généreuse initiative. Aussi n’hésitai-je jamais à l’accepter hautement, au double titre de garantie légitime contre la coupable spoliation officiellement accomplie envers moi et de gage de sécurité méritée pour la continuation de mes travaux philosophiques. Il me suffisait qu’un tel subside ne pût émaner que de ceux qui reconnaîtraient en moi la victime d’une iniquité constatée ou un penseur digne d’encouragement continu. Or, ma position personnelle se trouvait déjà caractérisée assez nettement, sous l’un et l’autre aspect, pour dissiper tous mes scrupules.

Quand mon existence polytechnique fut ruinée, en 1844, le ministre compétent (M. le maréchal Soult) flétrit solennellement cet attentat par un blâme énergique, résulté d’un examen approfondi. Il ne laissa consommer cette spoliation qu’après avoir épuisé les insuffisantes ressources que lui permettait une légalité vicieuse. Lorsqu’avorta, en 1848, une réparation généralement attendue, le nouveau ministre dont elle dépendait (M. le général de Lamoricière) en reconnut complètement la nécessité. Dans notre conférence spéciale, il admit pleinement la réalité et l’opportunité du principe que j’invoquais : tout office public dignement rempli constitue, tant que la fonction subsiste, une propriété aussi sacrée qu’une terre ou une maison. Mais, dès que, d’après cela, j’accusai directement de vol la corporation qui m’avait dépouillé, il éluda cette irrécusable conséquence, oubliant qu’il devenait ainsi complice de l’attentat reconnu par luimême et dont la réparation était alors en son pouvoir.

Sous ce premier aspect, je ne pouvais donc que m’honorer d’une libre intervention destinée à neutraliser une iniquité notoire, soumise, pendant quatre ans, à l’appréciation publique, surtout dans le milieu polytechnique. Ce protectorat volontaire contre une injuste persécution constitue, à mes yeux, une digne inauguration des véritables mœurs républicaines. Il tend à faire convenablement revivre l’esprit chevaleresque, sous la forme la mieux adaptée à notre état social, où les oppresseurs attaquent surtout la fortune, faute de pouvoir atteindre la vie, et même la liberté. A ce titre, je me féliciterai toujours que mon malheur personnel ait suscité une semblable manifestation, tant susceptible d’une heureuse imitation. Je regrette seulement que l’égoïsme polytechnique ait trop neutralisé ce généreux appel, chez la portion du public qui connaissait le mieux l’attentat à réparer. Mais cette sécheresse inattendue fait davantage apprécier la participation spontanée des nobles prolétaires qui ont compensé un tel abandon.

Ayant voué toute ma vie à fonder, sur l’ensemble des sciences, la saine philosophie, et, par suite, la vraie religion, je devais, en second lieu, accepter, dans mon injuste détresse, l’appui de tous ceux qui regardent la foi positive comme la seule issue de l’anarchie actuelle. Leur sympathie est, en effet, devenue le principal fondement du patronage institué contre une persécution secrètement destinée à empêcher la continuation de mon œuvre régénératrice. En ce sens, une telle mesure inaugure déjà les mœurs qui conviennent à l’avènement graduel du nouveau pouvoir spirituel. Gomme le clergé catholique, le sacerdoce de l’Humanité doit longtemps subsister de libres cotisations privées, avant de mériter et d’obtenir la munificence publique qui les régularisera quand la foi nouvelle aura suffisamment prévalu. Sans cette sollicitude spontanée de tous ceux qui reconnaîtront l’utilité de leurs travaux, les nouveaux philosophes ne pourraient assez accomplir leur office social. Du moins, ils seraient alors forcés de le subordonner, ou à une fortune personnelle peu compatible avec leur vocation, ou à une profession accessoire qui entraverait leurs efforts habituels.

Tels sont les divers motifs d’après lesquels j’ai accepté, avec reconnaissance, une protection pleinement normale, dont l’apparence exceptionnelle résulte seulement de notre situation anarchique, qui altère toutes les notions sociales. Quoique la souscription n’ait guère atteint jusqu’ici que la moitié du taux proclamé indispensable dans la circulaire initiale, je ne doute pas que cette honorable sauvegarde ne devienne bientôt suffisante tant que la persécution durera. Tous ceux qu’indigne ma spoliation, et tous ceux qui sentent la portée sociale du positivisme, se croiront moralement obligés de neutraliser, suivant leurs moyens, une oppression odieuse et funeste. Ma confiance est telle, à cet égard, que déjà elle développe en moi les habitudes convenables à un penseur devenu l’objet de dignes sympathies. Non seulement ma construction religieuse n’a jamais subi le ralentissement qu’avaient surtout en vue mes persécuteurs. Mais j’ai spécialement ébauché les mœurs normales du nouveau sacerdoce, en renonçant systématiquement à tout profit personnel dans la prochaine publication de mon second grand ouvrage. (Système de politique positive, ou Traité de sociologie, instituant la Religion de l’Humanité.)

L’importante mesure pour laquelle je vous adresse aujourd’hui mes remercîments solennels, excite à la fois le sentiment social chez ceux qui y concourent, dans celui qui en est l’objet, et parmi tous ceux qui la connaissent. A ce triple titre, son efficacité morale, et même sa véritable dignité, augmentent avec sa dissémination. Une philosophie destinée surtout à systématiser l’avènement social du prolétariat occidental, doit spécialement s’honorer des sympathies populaires. C’est pourquoi, en me glorifiant de l’appui spontané que j’ai partout obtenu, je serais encore plus fier de soutenir mon existence matérielle d’après des souscriptions d’un centime quotidien.

Salut et Fraternité.

Auguste COMTE.
(10, rue Monsieur-le-Prince.)
    Circulaires annuelles d’Auguste Comte: fondateur de la religion universelle et premier grand prétre de l’humanité (Rio de Janeiro/ Santiago de Chili/ Vincennes: Églises Brésilienne et Chilienne, 1866), p.1—5. archive.org

Others who financed the philosopher this way were Madame Nisia Brasileira with 50 Francs on 17 December 1856 — Comte replied with a letter on 18 April 1857, see Sept lettres inedites d’Auguste Comte a Mme. Nisia Brasileira (Rio de Janeiro: Au Siége Central de l’Apostolat Positiviste du Brésil, 1888), p.10 pdf.

Links & More

Sources
  • Hippolyte-Philémon Deroisin’s document: courtesy of Bernard Quaritch Ltd via provided by Jonathan Harrison.
  • The empty form: courtesy of the Auguste Comte House Paris, via Michel Bourdeau.
  • Header image: Comte’s desk in his private apartment, the look into the mirror that kept Comte under his own supervision, photo by Rémy Bourdeau.
Share

About Olaf Simons

*1961, Neumünster, Germany, historian, working on early modern science a the Gotha Research Centre.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Before you submit form:
Human test by Not Captcha